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Jeu ouvert en baie de Quiberon

Jeudi 30 août 2018 - Jocelyn Blériot

Trophée des Multicoques, jour 3. L’entrée en lice d’Alain Gautier sur Sensation Ocean (ex-Foncia) est venue pimenter le jeu ce matin du côté des grands multis, lancés sur un parcours de 38 milles vers Belle-Ile. Le décidément véloce Formule 40 Irvi (Jacques Vapillon et Christophe Boucault) a dominé les débats du Groupe 3 en temps réel sur les deux manches du jour et remporté la seconde en compensé. Et si Acapella-Soreal-Proludic (Charlie Capelle) s’est octroyé la première course, les hommes d’Irvi conservent le général ce soir. En Diam 24 OD, belle égalité ce jour puisque chacun des deux équipages a signé une victoire. Le Trophée des Multicoques aura également vu bon nombre d’anciens piliers du circuit retrouver leur élément et assister aux courses de l’après-midi en baie de Quiberon…

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En ce troisième jour de festivités compétitives (et vice-versa), la brise s’est une fois de plus levée tard – vacances obligent – autorisant une entrée en matière tout en douceur pour les équipages. 7 nœuds ce matin, se renforçant progressivement pour atteindre 13 à 15 nœuds lors de la seconde manche des Multi 2000 et des Diam 24 OD. Chez les premiers, le Formule 40 a confirmé sa domination en temps réel lors des deux courses, tandis qu’en compensé la victoire revenait à Charlie Capelle (Acapella-Soreal-Proludic) devant Loïck Peyron dans la première manche – autant dire que les passes d’armes du côté des « petits jaunes » n’ont été rien de moins qu’intenses. Chez les Diam 24 OD, Cyrille Legloahec (Batistyl) a su nuancer la vague Beijaflore en s’imposant sur une course… même si au général la situation reste inchangée. Du côté des grands multis, la course du jour a vu Sodebo Ultim, Ultim Emotion et Sensation Ocean prendre un départ commun et s’affronter à couteaux tirés… les conditions légères s’avérant favorables au trimaran ORMA d’Alain Gautier, qui a su faire preuve d’inspiration et a terminé devant les deux grands, montant à l’occasion sur un patin pour le plus grand bonheur des équipiers du jour.

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Le Trophée a fait le plein de noms prestigieux en cette troisième journée, avec Serge Madec, Patrick Morvan, Eugène Riguidel… autant de patronymes qui évoquent les grandes heures du large version années 80, entre records de l’Atlantique et autres Lorient - Les Bermudes - Lorient. Sans oublier le Trophée Jules Verne, dont l’idée était née dans l’esprit d’Yves le Cornec : celui-ci avait en effet constaté que les moyennes tenues par le grand trimaran William Saurin, sur lequel il officiait (et skippé par Riguidel), permettaient de rêver à un tour du monde en 80 jours. Le Trophée des Multicoques aura donc servi d’incubateur à un nombre impressionnant d’exploits au large, nourris d’avancées technologiques autant que d’une audace sans cesse renouvelée. Et c’est d’ailleurs un leitmotiv sur les pontons cette semaine… skippers, équipiers et observateurs sont unanimes lorsqu’il s’agit d’invoquer l’influence qu’a pu avoir cette scène foisonnante, à laquelle les organisateurs du Trophée 2018 ont souhaité rendre hommage.


ILS ONT DIT

Alain Gautier (Sensation Ocean) : « On a eu de belles conditions, propices à la régate. Avec de bons coups, un peu de réussite et des conditions qui nous allaient bien, on a même pu coiffer Sodebo sur la ligne ! C’est un plaisir de revenir sur le Trophée, un événement qui a tant compté et sur lequel j’ai beaucoup de souvenirs. J’y ai notamment participé en 1982 avec Daniel Gillard, puis en 1983 sur un trimaran Newick que j’étais allé chercher en Irlande du Nord pour faire Lorient – Les Bermudes (et qui avait avec Alain Gautier bénéficié d’un des premiers contrats de sponsoring du Télégramme, ndlr). Les propriétaires du bateau, qui l’avaient d’ailleurs construit eux-mêmes, connaissaient bien le Trophée et m’ont proposé un marché : comme je n’avais pas de quoi acheter le trimaran, ils m’ont dit « On amène le bateau, on court le Trophée ensemble, et si d’ici là tu as trouvé un budget, on te le laisse. » Juste avant leur arrivée, j’avais pu négocier de la pub avec Le Télégramme mais je n’avais que la moitié… j’ai laissé mon Half Tonner en caution et l’aventure s’est poursuivie. »

Jacques Vapillon (Irvi) : « Notre Formule 40, c’est une machine de course qui même après 30 ans n’a rien à envier à bien d’autres. Je pense que l’on a fait un beau travail de restauration, et c’est satisfaisant d’entendre beaucoup de professionnels nous faire des compliments. Pour moi le Trophée, c’est une longue histoire, et si on me connaît en général comme photographe sur ces épreuves, ce que l’on sait moins c’est que lors des périodes hivernales, je travaillais comme préparateur sur ces bateaux-là. D’où ma connaissance de pas mal de petits détails, et ma passion pour cette série. Alors bien sûr, être en tête au général dans notre groupe, c’est une joie, pourvu que ça tienne ! »

 



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