© Jean-Marie Liot
© Yann Riou / Macif
© Yvan Zedda

Yann Marilley : « Le multicoque de course au large a démarré ici »

Dimanche 26 août 2018 - Camille El Bèze

Ce dimanche 26 août, 48 heures avant le coup d’envoi du Trophée des Multicoques, Yann Marilley baptisait son catamaran No Limit, un 59 pieds tout carbone dont les coques proviennent du chantier Outremer, mais qui n’a plus grand chose à voir avec un voilier de croisière. Pour Yann, l’événement trinitain est un dernier galop en équipage avant le départ, le 4 novembre prochain, de sa toute première Route du Rhum… Petite entrevue sous les tentes du village de la course qui seront ouvertes au public mardi dès 9h15.

Catamaran Groupe 3 No Limit DR
Yann Marilley ménera un Outremer 5X customisé pour le Trophée des Multicoques 2018, en préparation à la Route du Rhum...
© DR

No Limit, un projet de copains et de grands marins
« La gestation remonte à 2012/2013 avec mon ami Jean Maurel *. A l’époque, épaulé par l’architecte Vincent Lauriot-Prévost, nous avions monté un partenariat avec le chantier Outremer (spécialiste des catamarans de croisière rapide) qui nous avait fourni les coques (celles du 5X). A partir de là, on a refait totalement le bateau. Il est tout carbone, très raide et très léger. Jean Maurel avait travaillé sur le plan de pont et Jean-Baptiste Le Vaillant sur les voiles. On a mis le bateau à l’eau en 2014 avec l’objectif de faire la Route du Rhum cette année-là. Jean m’avait fait promettre de faire cette course ! Moi, je ne me voyais pas du tout au départ à cette époque-là, nous n’étions pas prêts. Mais depuis, on a pas mal régaté.

C’est en fait un projet de vieux copains. Et aujourd’hui, avec beaucoup d’émotion, la plupart sont là. Je voulais voir ce projet Rhum aboutir. Cette année, je me suis entraîné à fond avec l’objectif de gagner dans ma classe (Multi Rhum), avec l’aide de Loïck Peyron et de Jean-Baptiste Le Vaillant qui me coachent et me conseillent. J’ai attaqué le solitaire sans savoir si ça allait me plaire, mais finalement, j’adore ça… C’est un truc de dingue ! Mais c’est quand même un bateau qui monte vite sur une coque. Avec 12/15 nœuds de vent, on est sur un patin et au portant, on est rapidement à plus de 20 nœuds. C’est aussi un bateau physique mais avec un plan de pont très sécurisé, protégé. Il est super marin, même si ça reste un multicoque… j’en ai fait assez longtemps dans ma vie pour savoir que cela ne pardonne pas et qu’il faut rester attentif ».

« Le Trophée des Multicoques, c’est une grande histoire »
« Pour moi, ici, c’est le dernier galop en course avant la Route du Rhum. Je me devais d’être là parce que ce Trophée des Multicoques, c’est une grande histoire ! C’est une épreuve que je connais depuis toujours. J’avais fait mon service militaire sur Ker Cadélac avec François Boucher, un plan Langevin à foils en alu… ça ne nous rajeunit pas. Ensuite, j’avais racheté à Loïck Peyron Cimarron, l’ancien Steinlager. Nous avions refait un Trophée sur ce bateau avec Jean-Luc Nélias. Et puis La Trinité, c’est chez moi ! Dominic Bourgeois, à l’origine de la renaissance de l’événement, a eu une super idée. Toute ma génération a fait du multicoque grâce à La Trinité sur Mer. Le multi de course au large a démarré ici, c’est clair, avec des personnes comme Éric Tabarly, Daniel Le Mené, Philou (Poupon) etc..



Je régaterai ici dans la catégorie Multi 2000 qui va être assez sympa car elle regroupe les trois quarts de la classe Multi Rhum de la transat en solitaire. Je connais les quelques concurrents qui vont bien : Zed7, catamaran de 50 pieds, Olmix (l’ancien Crêpes Whaou !) et puis il y a Charlie Capelle qui va très bien en ce moment avec son petit bateau (Acapella, trimaran de 40 pieds), comme on l’a vu sur la Drheam Cup. Ce sera intéressant de voir comment ça va se passer entre nous ».

 

* Cet après-midi à Vannes, un hommage particulier et convivial était rendu à deux figures de la voile disparues ces dernières années, Jean Maurel et Florence Arthaud. A l’initiative de Yann Penfornis, directeur du chantier Multiplast, deux ronds-points situés près du port portent désormais le nom de ces marins.



page supérieure