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L’avis de Charlie

Dimanche 8 avril 2018 - DBo.

Destiné à une carrière dans un laboratoire, Charlie Capelle a totalement changé de voie après avoir rencontré Phil Stegall à Deauville, arrivé par la mer des USA à bord de son petit A’ Capella ! Il débarque alors dans les années 80 chez Walter Greene pour apprendre la technique du West System, puis embarque avec Philippe Poupon pour la Twostar 81. En revenant à La Trinité/mer, il monte son chantier Technologie Marine pour construire des trimarans de course et en parallèle, Charlie Capelle répare son trimaran Acapella et va de nouveau participer à la Route du Rhum !

Charlie Capelle D. Bourgeois
Vosgien et prothésiste dentaire, Charlie Capelle a totalement changé d’orientation quand il a découvert la voile à Tahiti
© Dominic Bourgeois

Tu n’es pas du tout Breton d’origine !
Je suis des Vosges, d’une petite ville qui se nomme Mirecourt, capitale mondiale de la lutherie et de l’archèterie. J’ai grandi parmi les violons, les guitares et les archets… et surtout parmi ces artisans qui travaillaient le bois d’une façon admirable ! C’est là où se trouve la seule et unique école du monde qui forme des luthiers et des archetiers. Mon père était plombier et ma mère au foyer mais je vivais toute cette ambiance autour de moi parce que j’habitais dans le centre historique de Mirecourt au milieu de ces gens extraordinaires qui voyageaient dans le monde entier, suivant les orchestres philarmoniques et les grands musiciens. Et puis à l’âge de vingt ans et à la grande fierté de mon père, j’ai été admis au service militaire !

Et tu pars au bout du monde…
J’ai eu la chance de partir en Polynésie dans les années 75 car j’avais appris le métier de prothésiste dentaire : j’ai donc travaillé dans un laboratoire, mais peu parce que le climat tropical n’incite pas trop au boulot et en plus, il n’y en avait pas beaucoup. J’avais donc du temps libre pour découvrir le pays et la voile ! Ça a été une révélation… On naviguait sur des Vauriens, des Caravelles dans les lagons de Tahiti et au fil de mon service militaire, j’ai eu l’opportunité d’aller dans les autres îles pour soigner des gens tout en commençant à pratiquer les régates locales. J’aimais bien cet esprit de compétition et je naviguais avec un militaire de carrière de la Marine qui m’a appris qu’un bâtiment de l’armée devait rentrer en métropole.

Acapella
Acapella participera à sa sixième Route du Rhum le 2 novembre prochain, dont cinq avec Charlie Capelle !
© Collection Charlie Capelle

Tu fais un demi-tour du monde !
Je ne connaissais rien à la mer à part les régates sur le bord des plages ! Je me suis donc retrouvé passager militaire à bord de L’Orage, un bâtiment de transport et j’ai embarqué pour deux mois. De la Polynésie, nous avons traversé le Pacifique et j’ai pu aller en passerelle pour découvrir les cartes marines et toute la navigation avec de jeunes officiers qui sortaient de l’école de Marine Marchande… J’ai découvert l’Équateur, le canal de Panama, le Costa Rica, la Caroline du Sud et New-York pour le bicentenaire de la Révolution Française où nous représentions la Marine Nationale (un moment magique), puis les Açores avant de débarquer à Brest où j’ai été démobilisé.

Tu reviens alors dans les Vosges…
Je reprends mon métier mais à Paris, boulevard Voltaire dans un laboratoire… Et au bout de quelques mois, je m’aperçois que gratter des dents toute ma vie, ce n’était pas vraiment ce à quoi j’aspirais ! J’aimais bien ce métier qui demande une grande dextérité manuelle, mais je voulais travailler dans le bateau. Il fallait quand même que j’apprenne encore la voile… Et comme je retournais souvent chez moi à Mirecourt, j’ai navigué sur un petit plan d’eau à Bouzey près d’Épinal pour passer mon diplôme de moniteur de voile (CAEV). Il a fallu que je valide cet examen dans une école de voile maritime et comme j’avais connu un Breton pendant mon service militaire, je suis parti à Dahouët : j’y ai rencontré Pascal Quintin et Pierre Antoine pendant deux saisons avant de m’inscrire à un stage de chef de bord sur un Armagnac…

C’est alors que tu décides de devenir constructeur de bateaux ?
Je passe à Paris pour le Salon Nautique et comme je dévorais les magazines, je demande à rencontrer Christian Février : il me donne alors les adresses des Américains qui construisaient des multicoques dans le Maine. J’écris une grande lettre en français parce que je ne pratiquais pas l’anglais à l’époque… Pas de réponse. Mais j’apprends qu’il va y avoir le départ de l’OSTAR 80 et qu’il y a une manifestation avant à Deauville pour un film. Je cours là-bas et je vois arriver ces espèces de bateaux à trois coques ! Dont un trimaran rouge skippé par Phil Stegall. Je garde encore l’image de ce coureur avec une équipière très fatiguée et j’apprends qu’il vient juste d’arriver des États-Unis !

Friends and Lovers 1985 C. Février
Friends & Lovers, le A' Capella de Phil Stegall, a participé au Trophée des Multicoques 1985 aux mains de Jérôme Ledoyen...
© Christian Février

Le début d’un grand voyage !
J’aide le bateau à s’amarrer et je tourne autour avant de donner un coup de main à Phil Stegall. Malgré mon anglais médiocre, on arrive un peu à se comprendre et je lui propose de l’aider à préparer son bateau pour la transat anglaise : j’étais disponible car en vacances… Le lendemain, nous sommes partis pour Plymouth sur Friends & Lovers (désormais Groupe Bilfot de Jean-Paul Froc) et on se perd parce qu’à l’époque, il n’y avait presque rien pour naviguer. En hélant un pêcheur, on retrouve Plymouth où je passe trois semaines incroyables avec tout un tas de gens que j’avais vu dans les revues nautiques et que je découvrais sur les quais ! Phil Stegall me présente vite fait Mike Birch et surtout Walter Greene à qui je fais dire que je lui avais envoyé une lettre… Et avant que les bateaux prennent le départ, Phil me remets une enveloppe que je ne veux pas accepter parce que j’étais là bénévolement. Finalement, je la mets dans ma poche et je prends le ferry : en ouvrant la lettre, je découvre qu’il y avait un billet d’avion pour les États-Unis ! Avec un petit mot en français me disant qu’il n’avait pas d’argent mais ce billet qui ne lui servait plus…

Et la découverte de « l’école américaine »…
Je rentre à Paris, je démissionne de mon travail et je prends l’avion pour Boston… J’arrive à Newport pour accueillir Phil Stegall qui avait fait une magnifique course puisqu’il remportait le Gipsy Moth Trophy ! Je passe un ou deux mois avec lui à naviguer en vivant sur le bateau et je lui donne un coup de main puisqu’il était consultant pour la voilerie Hood : je l’accompagnais sur Kialoa, Courageous, et sur les bateaux de la Coupe de l’America en 1981… L’automne s’installe et je n’avais plus d’économies : il fallait que je rentre en Europe. Mais il appelle Walter Greene qui me propose de travailler avec lui. Il avait des bateaux à construire pour le film de Jacques Perrin (« Les quarantièmes rugissants ») et un trimaran de 50 pieds pour Paolo Martinoni et Enrico Sala (Star Point). Mais auparavant, il fallait construire le chantier !

Walter Greene Chantier C. Février
Walter Greene dans son chantier du Maine : il fut le professeur de Charlie Capelle dans les années 80.
© Christian Février

C’est comme cela que tu commences à travailler comme constructeur naval ?
On a d’abord commencé à monter son hangar en bois à Yartmouth dans le Maine ! Parce qu’avant, il louait un espace dans un autre chantier. Walter ne faisait pas dans la finition : il travaillait essentiellement avec une tronçonneuse et une meuleuse… Bref, arrive alors pendant l’hiver tout un tas de gens autour de ces pionniers du multicoque, ce qu’on a appelé « l’école américaine » : Jean-François de Prémorel, Nigel Irens, Marc Lombard, des Italiens. On apprend tous comment construire un bateau ! Deux autres A’ Capella étaient aussi construits, l’un pour Spencer Mertz (Acapella) et un autre pour un Franco-Américain (Humdinger) en plus des trois premiers existants : Olympus Photo qui a depuis disparu, Friends & Lovers de Phil Stegall et celui de Walter et sa femme Joan (Friends) qui est devenu Happy, le bateau de Loïck Peyron.

Tu finis donc le troisième A’ Capella de Greene Marine…
Spencer Mertz construisait lui-même son trimaran à Salem, mais il avait du mal à le finir. Je l’ai donc aidé les week-ends parce que Walter Greene fabriquait souvent seulement les bras et/ou la coque et les propriétaires terminaient eux-mêmes leur bateau. Il n’y avait pas de plans ! Walter était totalement empirique : il n’y avait aucune recherche esthétique ou autre. Il fallait construire vite et pas cher : un A’ Capella coûtait seulement 300 000 francs d’époque (45 000 €).

Cette « école américaine » a eu un énorme impact sur la culture multicoque en France !
Quand on parle avec Marc van Péteghem, Marc Lombard, Nigel Irens… tous ont été influencés par ces techniques et cet état d’esprit axé sur la légèreté. Après la première Route du Rhum 1978, plus rien n’était pareil : un petit trimaran avait prouvé qu’il était le plus rapide tout en étant marin !

Olympus B. Rubinstein
Mike Birch fut le fer de lance du multicoque océanique et sa victoire lors de la Route du Rhum 1978 confirme les performances des trimarans...
© B. Rubinstein

Et au printemps 1981, tout bascule !
Arrivent deux Français : Jean-François Coste et Philippe Poupon qui veulent faire la Twostar. Et je leur parle de Acapella de Spencer Mertz qui n’a pas les moyens de finir son bateau… Je propose à Philou de finir le trimaran s’il amène des sous : il trouve un financement avec les Chaussettes Kindy. Et le bateau terminé, il faut le ramener en France. Philippe Poupon me propose alors de faire le convoyage avec lui puisque je naviguais régulièrement avec Walter Greene et Phil Stegall. Et on est parti pour arriver juste à temps pour le premier Trophée des Multicoques à La Trinité/mer en 1981.

Il t’embarque pour la course…
Je ne fais pas le Trophée parce qu’il fallait quand même que je revois ma famille après plus d’un an aux États-Unis. Mais Philou me propose de faire la Twostar : ça a été rude, mais on gagne dans notre catégorie ! Et je rencontre tout le monde de la voile de l’époque : Eugène Riguidel, Alain Gabbay, Florence Arthaud… Et Eugène tente le record de la traversée de l’Atlantique avec son trimaran Lesieur-Tournesol et m’embarque avec Jimmy Pahun et Florian Foglietti. Une troisième transat dans la même année ! Mais on a un pépin à bord… En fait, Eugène est tombé à l’eau en allant sous le vent : il a réussi à accrocher un cordage, mais on l’a traîné derrière pendant un bout de temps ! On était au portant rapide en début de nuit… Il a mis deux jours à s’en remettre. Retour à Brest. Et tout le monde me dit que tout se passait à La Trinité/mer.

Et tu montes alors ton chantier Technologie Marine ?
Je me dis que c’était un peu tôt, mais j’avais rencontré François Forestier qui voulait se faire construire son trimaran Lejaby-Rasurel sur plans Dick Newick en Angleterre, au Nord de la Tamise. Les gars ne connaissaient pas le West System et j’ai proposé de leur donner un coup de main en 1982. Et à la mise à l’eau, François me propose d’embarquer pour toutes les courses que nous avons presque toutes remportées. Et là, je décide de m’installer à mon compte.

Lejaby Depart Transat 1983 C. Février
Lejaby-Rasurel fut l'un des plus performants trimarans de l'école américaine dans les années 80.
© Christian Février

A côté de La Trinité/mer…
Sur une friche industrielle ! Entre Locmariaquer et Saint-Philibert. Et Nigel Irens vient me voir en me proposant de participer à la construction de deux trimarans de 60 pieds : l’outillage et les pièces pour Laiteries Mont-Saint Michel d’Olivier Moussy et Fujicolor de Mike Birch. Je récupère un hangar pour travailler et à la suite, le boulot est venu tout seul ! J’ai investi dans du matériel, j’ai monté une équipe et au fur et à mesure, je me suis spécialisé dans la réalisation de moules tout en participant à la construction de bateaux de course et de croisière.

Et le chantier grandit au fil des ans !
Technologie Marine a été créé en 1985 parce qu’il fallait que je commence à gagner ma vie ! Auparavant, j’étais défrayé mais pas payé… Et ma formation de prothésiste m’a permis de faire des moules pour Jeanneau puisque je connaissais Jean-François de Prémorel, directeur technique du chantier à l’époque. Il montait un chantier à Nantes, Jeanneau Technologies Avancées avec qui j’ai collaboré pour construire le Fleury Michon VIII de Philippe Poupon, vainqueur de la Route du Rhum 1986, puis des Formule 40. Jeanneau ne fabriquait pas son outillage et faisait travailler des sous-traitants. J’ai commencé par de petites pièces, puis des moules entiers.

Plans Irens Trophée des Multicoques 1988 C. Février
Les deux sisterships sur plans Nigel Irens construits à Saint-Philibert pour Olivier Moussy et Mike Birch...
© Christian Février

Du West System américain, tu es passé au composite high-tech !
Mais on continue à réaliser des bateaux en West System ! En fait, le West System est une marque de résine qui a développé une technique, mais le principe est toujours le même : saturer de résine un lamellé-collé de bois. Les frères Gougeon ont été très malins : ils ont utilisé cette résine et surtout publié une « bible » pour construire des bateaux en bois, et en particulier des multicoques sur plans Dick Newick. Dont Rogue Wave qui était remarquablement fini ! La colle type résorcine a simplement été remplacée par de l’époxy… Et Walter Greene a aussi utilisé cette technique. C’était un livre très pédagogique parfaitement adapté à des constructeurs amateurs aussi. Or à l’origine, c’était pour fabriquer des chars à glace (« ice boats ») sur les lacs gelés de Chicago… Maintenant, il y a plein de marques de résine qui permettent de faire la même chose, parfois mieux.

Mais quel est l’avantage de cette technique ?
Pour moi, la seule raison d’être d’un bateau, c’est d’être en bois ! Quand tu rentres dans un bateau, il faut ressentir quelque chose, une atmosphère, une émotion. Dans un bateau en plastique, ce n’est pas facile d’être touché alors que dans un bateau en bois, il y a une « âme », un esprit, une force : il y a quelque chose qui se passe, parce que c’est un matériau vivant… Et en terme de résistance, quand le bois est bien mis en œuvre avec un entretien courant normal, c’est un bateau pour une vie ! Acapella en est l’exemple même : il a passé un an et demi à l’envers, drossé sur les plages, et il est encore en parfait état…

Justement, parlons d’Acapella !
Comme je l’ai dit, j’ai participé à sa finition. Après la location pour la Twostar avec Philippe Poupon, Spencer Mertz a fait la course des Bermudes avec Marc Lombard. Puis Yves Le Cornec l’a loué pour la Route du Rhum 1982 sous le nom du Télégramme de Brest : il termine 11ème toutes classes en 19j 18h 57’, le meilleur temps d’un A’ Cappella… Il revient à Brest et lors d’une sortie, il heurte une épave et coule… Il est ensuite récupéré par le commandant Bulot de l’Abeille Flandres qui tente de le remorquer, mais il n’y a plus rien devant les bras. Il l’abandonne et un pêcheur le ramène en le tirant par l’arrière jusqu’au Fret au chantier Tartuffe, à côté de Camaret. Le trimaran est déclaré épave mais le fils du patron de chantier tente de le remettre en état…

C’est alors que tu interviens…
C’était un tel travail qu’il a abandonné ! Et quand je vais voir Acapella, il reste deux bouts de flotteurs et de coque centrale, deux bras et le tout est éventré… Un ami met quelques sous pour récupérer l’épave : je bouche les trous pour qu’il flotte, une chaise moteur, et je pars avec Thierry Fagnent jusqu’à La Trinité/mer en se cachant puisqu’il n’y avait plus de papiers. Je lui coupe tout ce qui est abîmé et je le ramène au chantier où je le regarde pendant quelques années parce que je n’ai pas le temps de m’en occuper ! A partir de 1991, je travaille dessus pendant sept ans, hors de mes horaires professionnels. Sans jamais impliquer mon chantier, parce que c’était une aventure personnelle. Je mets une petite jupe à l’arrière et je récupère des moules de Nigel Irens pour un 40 pieds afin de refaire les flotteurs. Plein de gens m’aident en me fournissant du matériel… Et je trouve un partenaire à quelques semaines du départ : Chaussettes Olympia ! Je pars de Saint-Malo pour ma première transat en solitaire que je termine à la 20ème place : super ! Pour le retour, je confie le trimaran à deux amis : François Forestier et Claude Bistoquet. Ils partent au printemps et se font prendre par une tempête : ils chavirent au large de l’île Sable (avant Terre-Neuve). Et ils restent trois jours à bord avant de se faire hélitreuiller. Aucune nouvelle du bateau…

Chaussettes Olympia de retour
Sous le nom de Chaussettes Olympia, Charlie Capelle participe à la Route du Rhum 1998, mais le bateau chavire à son retour
© Collection Charlie Capelle

Mais on le retrouve…
On pensait tous qu’il avait coulé définitivement… Et un an et demi après, Nigel Irens m’appelle pour me dire qu’il y aurait un trimaran jaune sur une plage de Galice. Je descends un week-end du 11 novembre et je découvre un bateau à l’endroit, entièrement couvert de concrétions. Je reconnais mon bateau qui était là depuis neuf mois… Je finis par savoir que la marine espagnole l’avait tracté jusque là, mais sans déclarer l’épave ! Après moult tractations et échanges d’avocats, je réussis à récupérer mon bateau : je repars au printemps après avoir bouché les trous sous gréement de fortune. Mais je démâte et je dois revenir au port. Finalement, j’apprends que Jean-Luc van Den Heede était à La Corogne avec son bateau pour le tour du monde à l’envers, Adrien. Il accepte de me remorquer à la voile jusqu’à La Trinité/mer. Au bout de trois jours, on arrive et je rentre Acapella au chantier…

Une reconstruction !
Il a fallu que je démonte tout pour voir si rien n’était cassé à l’intérieur. Et je me suis vraiment rendu compte que ce matériau était exceptionnel : il n’y avait rien d’abimer après une dérive à l’envers pendant un an ! J’ai réparé et je me suis inscrit à la Route du Rhum 2006 avec Switch.fr… Et je chavire au large du Portugal sous spi. Un échec terrible pour moi. Je me fais récupérer par un concurrent qui me lâche aux Açores. Et un ami de l’île d’Yeu me dit qu’il y a des thoniers prêts à récupérer l’épave. On repart sur le Massabielle avec toute une équipe superbe pour retourner le bateau en mer qu’on retrouve grâce à la balise Argos. Et au bout de dix jours, on rejoint La Trinité/mer… Avec dix tonnes de gasoil à rembourser !

Charlie Capelle à bord d'Acapella D. Bourgeois
Charlie Capelle a passé des dizaines de week-ends à retaper son trimaran sur lequel il a appris son métier chez Walter Greene.
© Dominic Bourgeois

Une nouvelle reconstruction !
Le bateau n’est pas trop abimé et je le remets en état pour la Route du Rhum 2010 (5ème en 22j 13h 33’ et premier multicoque « Rhum »). Et cette fois, retour par cargo ! Depuis, j’ai participé à toutes les courses côtières ouvertes aux Golden Oldies : Tour de Belle-Île, Trophée SNSM… Cet automne, je repars pour ma cinquième Route du Rhum ! Acapella, c’est une addiction sévère mais ça ne me rend pas malade… Mais c’est aussi parce que le bateau me revient toujours ! Et parce que c’est une vitrine de mon savoir-faire et que je peux faire naviguer des jeunes comme cela m’est arrivé avec Walter Greene.

Mais pourquoi une nouvelle Route du Rhum ?
Parce que c’est mon bateau, parce que j’ai appris mon métier grâce à lui, parce que la voile est mon hobby, parce que Mike Birch est mon parrain : ce sera l’aboutissement de ma carrière et quelque part, mon obstination a convaincu aussi Jean-Paul Froc et Loïck Peyron…

Et un programme chargé en 2018 !
J’ai fait un gros chantier cet hiver : j’ai tout démonté et j’ai renforcé quelques éléments parce que nous avons maintenant des voiles en composite qui augmente les efforts sur la structure. Depuis quatre ans, Acapella a participé à toutes les régates ouvertes aux multicoques, dont le Spi Ouest France qui vient de s’achever à La Trinité/mer (1er en Multi2000). Cette année, je vais participer à l’Armen Race (10-13 mai), le Tour de Belle-Île (2 juin), les Voiles de la Baie (7-8 juillet) et bien sûr, le Trophée des Multicoques (28-31 août) parce que j’ai participé à un grand nombre d’éditions dans les années 80 ! Et le bateau va faire sa sixième Route du Rhum sous le nom de Soréal… Face à Kriter V puisque Bob Escoffier le reprend cette année : un nouveau duel comme en 1978 avec aussi l’ex-Friends & Lovers que Thierry du Vorsent va reprendre sous le nom de Groupe Bilfot, puisque Jean-Paul Froc a des soucis de santé, et l’ex-Friends de Loïck Peyron (Happy).

Trois A' Capella C. Février
Trois A’ Capella vont se retrouver sur la ligne de départ de la prochaine Route du Rhum : Groupe Bilfot, Acapella, Happy.
© Christian Février



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